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(Source: soliveitwell)

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"It is not possible for a man to be elegant without a touch of femininity."

— Vivienne Westwood (via thewhiplashgirlchild)

(Source: drklands)

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Paul Albert Laurens

Paul Albert Laurens

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Le poison - Baudelaire

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

L’opium agrandit ce qui n’a pas de bornes,
Allonge l’illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit l’âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où mon âme tremble et se voit à l’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !

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Nos deux peaux en frissonnent encore
De peur et d’émotion

Nos deux peaux en frissonnent encore

De peur et d’émotion

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Ton corps était glacé
Comme le cadavre de nos souvenirs

Ton corps était glacé

Comme le cadavre de nos souvenirs

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Laisse moi te serrer contre mon corps tremblant
Jusqu’à ce que je me soûle de ta peau

Laisse moi te serrer contre mon corps tremblant

Jusqu’à ce que je me soûle de ta peau

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Baudelaire

Avec ses vêtements ondoyants et nacrés,
Même quand elle marche on croirait qu’elle danse,
Comme ces longs serpents que les jongleurs sacrés
Au bout de leurs bâtons agitent en cadence.

Comme le sable morne et l’azur des déserts,
Insensibles tous deux à l’humaine souffrance,
Comme les longs réseaux de la houle des mers,
Elle se développe avec indifférence.

Ses yeux polis sont faits de minéraux charmants,
Et dans cette nature étrange et symbolique
Où l’ange inviolé se mêle au sphinx antique,

Où tout n’est qu’or, acier, lumière et diamants,
Resplendit à jamais, comme un astre inutile,
La froide majesté de la femme stérile.

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Angélique
Chimère de mes nuits blanches

Angélique

Chimère de mes nuits blanches

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Femmes Damnées - Baudelaire

Comme un bétail pensif sur le sable couchées, 
Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers, 
Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées 
Ont de douces langueurs et des frissons amers.

Les unes, coeurs épris des longues confidences, 
Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux, 
Vont épelant l'amour des craintives enfances 
Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ;

D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves 
A travers les rochers pleins d'apparitions, 
Où saint Antoine a vu surgir comme des laves 
Les seins nus et pourprés de ses tentations ;

Il en est, aux lueurs des résines croulantes, 
Qui dans le creux muet des vieux antres païens 
T'appellent au secours de leurs fièvres hurlantes, 
Ô Bacchus, endormeur des remords anciens !

Et d'autres, dont la gorge aime les scapulaires, 
Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements, 
Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires, 
L'écume du plaisir aux larmes des tourments.

Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres, 
De la réalité grands esprits contempteurs, 
Chercheuses d'infini, dévotes et satyres, 
Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs,

Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies, 
Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains, 
Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies, 
Et les urnes d'amour dont vos grands coeurs sont pleins !